d'une chaise, de manière que les clous se regardent et soient au-dessus, puis on fixe les deux longues barres à celles attachées au dos des chaises au moyen des chevilles et des trous, les clous au dessus aussi, et se regardant, à distance de la moitié de la longueur de la toile et de toute sa largeur. On tend ensuite la toile en l'accrochant de chaque côté aux clous. Ainsi tendue, on range bien également la laine dessus en la mettant peu à peu pour l'étaler régulièrement et en ayant soin de bien garnir les coins et de forcer un peu vers le milieu du matelas. Lorsque toute la laine est placée, on relève l'autre moitié de la toile par-dessus la laine, on l'accroche aussi aux clous, la laine se trouve ainsi renfermée entre deux toiles; il s'agit de piquer le matelas, c'est-à-dire d'y mettre des moutonnes. Pour placer les moutonnes, on emploie une grande aiguille de fer ayant environ 60 cent. de long et une tête assez large pour recevoir de la petite ficelle; on fait un nœud à un bout, on passe l'aiguille verticalement à travers le matelas à l'endroit où doit se placer la moutonne, on tire dessous, on repique à côté et on fait sortir l'aiguille près de l'endroit où on l'avait piquée dessus; on place dessous, dans la boucle que forme la ficelle, une moutonne, on en fait autant dessus en nouant le bout de la ficelle qui porte le nœud autour de celui que vient d'amener l'aiguille, puis on serre en tirant sur la ficelle, jusqu'à l'épaisseur que doit avoir le matelas, et on noue, ce qui fait que les moutonnes forment de petites places creuses. Il faut reconnaître la place qu'ont occupée les moutonnes ayant de défaire le matelas, afin de les remettre convenablement. On fait ordinairement trois lignes de moutonnes, placées en quinconces. Ensuite on coud le matelas tout autour à grands points avec de gros fil en le détachant des crochets à mesure qu'on coud. On place une ou deux chaises dessous pour le soutenir à mesure qu'on le décroche.

Un bon usage est celui de mettre une couche de crin au milieu des matelas, entre deux couches de laine; le crin s'affaisse moins que la laine et soutient le matelas. Lorsqu'on défait le matelas, le crin se sépare facilement de la 'aine; on