Si l'on ne suit pas la méthode d'Argenteuil, il faut avoir le
soin d'envelopper pendant l'hiver les branches avec de la paille.
On découvre les figuiers chaque année, vers le mois de février ou mars, par un temps doux et humide, et l'on nivelle le sol en ayant soin de ménager, au pied de la cédée, une petite cuvette pour y retenir l'eau des pluies. Dans le centre de la France, on peut planter les figuiers au pied d'un mur exposé au midi ou au couchant et très abrités, et on peut se borner à rapprocher les branches par des ligatures et à les entourer de paille pendant l'hiver; mais c'est surtout des gelées printanières, lorsque le figuier commence à végéter, qu'il faut garantir les jeunes fruits et les feuilles. Les paillassons Guyot sont très propres à faire ces abris.
Le figuier donne deux fois dans l'année; mais s'il n'est pas bien soigné, la première saison gèle, et la seconde ne mûrit pas. Placé dans une position un peu élevée, sans abri, il forme une magnifique touffe qui donne beaucoup de fruits et est d'un charmant effet. Lorsque la végétation a commencé à se mettre en mouvement au printemps, s'il survient une gelée, il faut faire brûler, le matin, avant le lever du soleil, près du figuier, des herbes, de mauvaises broussailles, de la paille mouillée, enfin toute espèce de choses qui puissent faire une épaisse fumée, et s'arranger de telle façon que la fumée passe au travers des branches de l'arbre. Cette douce chaleur fait fondre et sèche la rosée, qui se condense en gelée blanche un peu avant le lever du soleil, et gèle les jeunes pousses et les fruits, si l'on n'emploie pas ce moyen.
Culture de la vigne dans les jardins.
Je donnerai d'abord une idée des moyens en usage pour la multiplication et la plantation des vignes en treille. Il est bien entendu que je traite ici exclusivement de la vigne dont le raisin est destiné à être consommé sur la table, car la culture des vignobles dont les produits sont destinés à faire du vin n'entre pas dans le cadre de cet ouvrage.
On élève peu de vignes en pépinière, c'est-à-dire par semis,
à moins que ce ne soient des espèces rares et recherchées. La
vigne dont on garnit ordinairement les treilles provient de mar-
cottes ou de boutures.
Boutures. — Autrefois on voulait que chaque bouture eût à sa