comme cela se pratique ordinairement, d'appuyer le pouce sur

le fruit, pour s'assurer s'il cède : cette pression lui cause une

meurtrissure qui le fait pourrir presque aussitôt qu'il est cueilli,

ou tout au moins elle produit une tache fort désagréable à la

vue. On doit prendre la pêche avec les cinq doigts, lorsqu'on

aperçoit sur le côté blanc de sa belle peau une teinte jaunâtre, et

la tirer doucement en la faisant tourner sur son support. Si elle

est mûre, on la détache sans résistance; dans le cas contraire,

on arrache à la fois la pêche et sa queue, ce qui est la marque

certaine qu'elle n'a pas atteint sa maturité. Pour transporter les

pêches sans les endommager, il faut les mettre dans un panier

plat dont on garnit le fond d'un lit épais de feuilles de vigne,

puis on place les pêches, enveloppées chacune dans une feuille

de vigne ou dans du papier doux, à côté les unes des autres. On

peut en mettre un second rang en couvrant le premier d'une

couche de feuilles; mais il ne faut pas en ajouter un troisième, les

pêches seraient meurtries. Les paniers de pêches doivent être

portés à la main, à dos d'âne ou de cheval, ou dans une voiture

suspendue; encore faut-il les recouvrir de feuilles et les baguer.

Je donnerai plus loin quelques explications sur la manière de

bien emballer et de bien baguer les fruits, opération dont beau-

coup de personnes ignorent les principes, aussi n'est-ce guère

qu'à Paris, ou dans nos grandes villes, qu'on voit sur les marchés

ces beaux paniers remplis de fruits conservant à la fois leur fraî-

cheur et leur fleur, condition aussi nécessaire à leur bonne qua-

lité qu'à leur beauté, car un fruit meurtri a perdu l'une et l'autre.

Conservation des fruits. — Fruitier.

Choix de l'emplacement. — Le fruitier est le lieu où l'on conserve les fruits pour l'hiver. Il est difficile de trouver un emplacement convenable. Le meilleur est une cave ou un cellier bien secs, à l'abri de la gelée, où l'air extérieur et la lumière puissent être introduits à volonté et dans lesquels la température soit peu variable et ne puisse descendre au-dessous de 2º et monter à plus de 8º ou 10º au-dessus de zéro.

Nous empruntons à M. Du Breuil les conditions générales que

doit remplir un bon fruitier :

« Le fruitier donne des résultats d'autant plus satisfaisants qu'il remplit plus complètement les six conditions suivantes : 1º Une température constamment égale. 2º Une température de