résultat par la suppression complète des yeux placés à la face inférieure du cordon (grav. 51). Quand le cinquième cep sera aussi parvenu à avoir ses deux bras longs de 1m ,30 chacun, on aura, sur une surface de 2m ,50 au carré, 80 coursons, qui, taillés à deux yeux, donneront chacun deux branches; chaque branche produira à son tour au moins deux grappes d'excellent raisin, soit 320 grappes sur une surface de 2m ,50 au carré.
Ébourgeonnement, palissage, pincement. — S'il se développe plus de deux bourgeons sur chaque courson, on supprime ceux qui n'ont pas de fruit, et l'on n'en conserve que deux qui, alors, donneront de belles grappes. On doit aussi enlever avec soin tout le faux bois, c'est-à-dire tous les bourgeons qui se développent sur la tige du cep ou sur les cordons en dehors des coursons. Chaque bourgeon, lorsqu'il est assez ferme pour résister à une flexion sans se décoller, ce qui a lieu lorsque le grain est bien formé, doit être palissé verticalement, de manière à couvrir le mur et à gagner le cordon supérieur. On doit aussi faire des pincements, c'est-à-dire arrêter chaque bourgeon, lorsqu'il a atteint assez de longueur pour pouvoir être palissé sur le cordon supérieur, mais sans le dépasser. On retranchera les vrilles, en leur laissant un talon de quelques centimètres, car elles absorbent une grande partie de la sève au détriment des grappes; on enlève aussi les jeunes pousses qui naissent à l'ais-selle des feuilles, parce qu'elles absorbent aussi de la sève.
Culture de la vigne par le procédé ordinaire.
Le procédé ordinaire donne des résultats très inférieurs à ceux de la méthode pratiquée à Thomery; le seul avantage que l'on retire de ce procédé, c'est que les lignes ainsi traitées donnent du raisin une année plus tôt.
Lorsqu'on plante la vigne près d'un mur, soit pour former un espalier qui couvre toute la surface du mur, soit pour la diriger en cordon au-dessus d'arbres en espalier, il faut, les trois premières années, la tailler très court pour fortifier sa tige. Lorsqu'on veut en faire un espalier plein, on conserve deux branches, qu'on place comme je l'indique pour le pêcher, et qu'on palisse sur le treillage. On les taille à moitié longueur lorsque le cep a pris une certaine force; on palisse les pousses de l'année sur le treillage, en leur donnant une bonne direction. A la seconde année, on prolonge la branche principale, et l'on taille en crochet,