que j'ai déjà combattue en parlant du repiquage, de croire qu'il

faut couper les racines des arbres et des plantes au moment de

la plantation; on ne peut leur faire un mal plus grave : il faut

rebrancher seulement les racines qui sont altérées, et rafraîchir

l'extrémité sèche de celles qui ne sont point endommagées. Il

faut aussi conserver au sujet la majeure partie des branches,

parce que les feuilles dont les branches sont garnies facilitent le

développement du chevelu des racines.

On a généralement l'habitude de planter les arbres fruitiers beaucoup trop près les uns des autres; on espère obtenir plus de fruits d'un plus grand nombre de sujets, et c'est là une grande erreur, car on ne peut laisser prendre à ces arbres tout le développement convenable, d'abord parce que leurs racines, se rencontrant sous terre très peu d'années après la plantation, se nuisent mutuellement, ce qui entrave la croissance des arbres; ensuite, la place manquant sur l'espalier, on est obligé de contourner et de retrancher les branches qui s'allongent trop sur les côtés; si, au contraire, on conserve ces branches superflues, elles se croisent avec celles des arbres voisins, nuisent à la végétation et rendent la taille presque impraticable. Cependant, depuis quelques années, d'après la méthode professée par M. Du Breuil, on a adopté un genre de taille qui permet, en ne laissant qu'une seule tige à chaque arbre, de les planter très près les uns des autres sans que les racines se nuisent; cette manière de cultiver les arbres à fruits offre cet avantage qu'on a des fruits beaucoup plus tôt avec une assez grande abondance. Je renvoie aux ouvrages du savant professeur pour la taille et la conduite des arbres d'après sa méthode.

On peut ranimer la vigueur des arbres languissants en enlevant la terre épuisée qui recouvre les racines et en la remplaçant par du terreau de feuilles bien décomposé, de la bonne terre prise dans le potager, ou enfin par des décombres concassés dont on sépare les pierres; ceux de ces décombres qui contiennent de la chaux et du salpêtre produisent un excellent effet, même sur les sols calcaires, à plus forte raison sur les autres natures de terrain. On fait cette opération en automne ou au printemps.

On ne doit point planter des sujets trop forts ou qui ont vieilli en pépinière; cependant, pourvu qu'ils soient jeunes, il vaut mieux qu'ils soient trop forts que d'être petits et grêles. Si l'on veut obtenir de belles pyramides et des arbres en gobelet ou en éventail, il faut planter de belles basses tiges d'un an de