champ. Parmi les variétés appartenant à la grande culture, les meilleures pour la table sont la grosse jaune hâtive de Saint-Jean, la pomme de terre shaw ou chave ronde, jaune, très bonne, et la pomme de terre Chardon, très grosse, tardive, abondante, pouvant être consommée très tard au printemps, parce qu'elle ne commence à pousser que vers le mois de mai.
Les pommes de terre jardinières sont principalement les espèces hâtives, qui, convenablement traitées, peuvent fournir de bonne heure à la consommation d'été et donner en automne une récolte dérobée. La vitelotte, variété créée par la culture aux environs de Paris, la marjolin, qui a la même origine, et la Ségonzac, qui nous vient d'Auvergne, peuvent toutes les trois mûrir de très bonne heure ; lorsqu'on les plante au printemps avec une fumure abondante, elles arrivent à maturité à la fin de juin. La pomme de terre plate, jaune, à feuilles de frêne, est une des meilleures qu'on puisse cultiver; de plus, elle est très hâtive.
Culture. — Les premières plantations se font au printemps, en mars, sur une terre plutôt légère que compacte, bien fumée à plein ou seulement dans de petites fosses que l'on fait pour placer le tubercule à planter; on plante en lignes et en quinconce à 40 centimètres. Certaines espèces hâtives peuvent se planter jusque dans les premiers jours de juillet : telles sont la marjolin jaune et la Ségonzac, et mûrissent leurs tubercules avant les froids. Les soins à donner au sol sont des binages et un buttage au moment de la fleur. Lorsqu'on a mis le fumier dans les petites fosses, on y place les pommes de terre, puis on rabat ensuite, pour les couvrir seulement, une portion de la terre retirée de la fosse lorsqu'on l'a faite et qui forme ados; quelques jours après la levée, on rabat le reste de l'ados de manière à mettre le terrain à plat; plus tard, au moment de la fleur, on butte.
Lorsqu'on veut avoir de très jeunes pommes de terre pour la table, ce qui procure un mets très délicat, il faut se garder d'aller fouiller au pied des pommes de terre qui doivent amener des tubercules à maturité, ce qui leur fait le plus grand tort, mais bien plutôt faire une plantation très épaisse à 20 ou 25 centimètres; on arrache un pied entre deux pour avoir les jeunes tubercules; les pieds qui restent profitent de l'éclaircie et ne souffrent pas.
On doit, pour la plantation, choisir des pommes de terre moyennes, c'est-à-dire qu'il ne faut prendre ni les plus petites ni les plus grosses. Celles qui ont les yeux les plus gros donneront en même temps les plus beaux et les plus nombreux tubercules. Cette re-