les cantaloups. On possède aussi des melons de petite espèce, à chair plus ferme, quoique très tendre et très sucrée, très juteux, très productifs, qui sont peu avantageux pour la vente, mais excellents à cultiver dans le jardin d'une maison de campagne, et même très préférables aux cantaloups. Parmi ceux-ci nous cite-rons le melon à rames dont on trouvera plus loin la culture. Les melons à chair blanche et à chair verte sont très sucrés, mais ils n'ont pas le même parfum que ceux à chair rouge. Voici les noms de quelques-unes des espèces les meilleures et les plus rusti-ques : Chypre, petit, ovale, un peu brodé, à petites côtes, chair rouge, plein jusqu'au cœur, très sucré, très juteux, ferme et très productif; — Sucrin, à chair blanche : espèce excellente, d'une réussite facile; — Ananas, à chair rouge et à chair verte, très petit, rustique, très productif; les fruits se détachent quand ils sont mûrs; — le Moscatello, espèce très productive, ayant une luxuriante végétation, moyen, allongé, plein, fondant, juteux, parfumé, sucré; toutes ces espèces ont l'écorce très mince, ce qui fait qu'ils ont plus de chair que d'assez gros cantaloups; — Cantaloup noir des Carmes, lisse, excellent; — Cantaloup Prescott, le plus cultivé et un des meilleurs. — Le Gros de Portugal et le Mogol deviennent énormes, mais ils sont moins délicats que les précédents.

CULTURE. — Avant d'aborder la culture du melon, je dirai qu'on ne doit jamais cultiver ni concombres, ni citrouilles, ni coloquintes dans le voisinage des melons; il faut même les en éloigner beaucoup, c'est-à-dire au moins de 200 ou 300 mètres, sans quoi il se produirait des hybridations qui non seulement changeraient, en quelque sorte, la variété dans la graine même, mais encore altéreraient le fruit de l'année. Quand on veut conserver pure une variété de melon, il faut l'éloigner des autres variétés ou la cultiver seule. La melonnière doit être placée à l'abri des grands vents régnants qui dérangent les tiges et déchi-rent les feuilles; cependant elle sera mieux dans un endroit un peu élevé que dans un lieu trop bas. On lui fait des abris.

Culture à Paris. — Sous le climat de Paris, on commence la culture du melon sous cloche sur une couche tiède, et, si cela est possible, on lui donne l'abri d'un châssis vitré. Ce n'est pas qu'il ne soit possible d'obtenir de très bons melons, dans les années ordinaires, sous le climat de Paris, en commençant leur culture à l'époque où cette plante peut supporter l'air libre, c'est-à-dire vers le milieu du mois de mai; mais alors les fruits n'ar-