grilleraient, ce qui nuirait beaucoup à la plante; cependant il est préférable qu'ils le soient le matin, à moins qu'il ne fasse excessivement chaud. On enlève les cloches, on arrose, et on ne les replace pas immédiatement; si le soleil est brillant, on laisse sécher les feuilles avant de remettre la cloche.

Lorsque les fruits des melons ont atteint le tiers de leur gros-

seur, il faut les placer sur de petits morceaux de planche ou de

tuile, afin d'éviter en partie ce qu'on appelle la couche, partie

qui n'est pas bonne à manger ou est moins bonne que le reste.

Le succès de la culture des melons conduite d'après ces principes dépendra entièrement des soins minutieux et assidus qu'on leur donnera à toutes les époques de leur croissance. Ainsi le plus ou moins d'eau, d'air ou de lumière distribués à propos, et la taille des branches au moment précis où la plante en a besoin, sont les vrais et seuls éléments de succès. Les paillassons ou la litière doivent toujours rester à côté de la planche de melons, même en plein été, quand leur secours comme abri n'est plus indispensable; tout orage peut être accompagné de grêle, et le moindre choc d'un grêlon, même peu volumineux, fait périr les melons sans remède. Lorsque la grêle a frappé une tige de melon, la plaie n'est pas visible le premier jour; le lendemain on aperçoit une tache noire; le surlendemain la branche est morte. Il y a quelques années, dans les environs de Paris beaucoup de melons atteints par une grêle de grosseur médiocre et mêlée de beaucoup de pluie ne périrent pas et continuèrent même à grossir; mais, lorsqu'on les ouvrit au moment de les manger, on découvrit des plaies internes à toutes les places où les grélons avaient frappé.

Nous avons cru nécessaire d'insister sur ces détails pour mieux démontrer la nécessité d'être toujours en mesure de préserver à temps une culture dont les produits ont d'autant plus de prix qu'ils ont coûté plus de soins et de peines.

Culture sur buttes; procédé Loisel. — Une culture beaucoup plus parfaite, aussi simple et beaucoup plus productive, est celle décrite par M. Loisel et dont je ne puis donner ici qu'un résumé. Pour plus amples détails, voir son ouvrage sur la culture du melon, que l'on trouve à la Librairie agricole, rue Jacob, 26, à Paris.

M. Loisel conseille de cultiver les melons sur buttes. Le semis se fait sur couches comme je l'ai indiqué plus haut, et la transplantation a lieu sur des buttes ainsi disposées :