La citrouille est du nombre des plantes qui, loin de redouter l'engrais en fermentation, peuvent impunément implanter leurs racines dans du fumier qui fermente. Dans les environs de Paris, il arrive souvent aux maraîchers de jeter quelques poignées de terreau sur le dessus d'un tas de fumier dont ils n'ont pas immédiatement besoin, et d'y planter des citrouilles qui, recevant simplement de loin en loin quelques arrosages, deviennent monstrueuses.
La méthode ordinaire de culture de la citrouille, sous le climat de Paris, consiste à semer la graine sur couche tiède, sous cloches ou sous châssis, vers la fin de mars. Le plant est levé en motte et mis en place en bon terrain, dans des fosses circulaires de 40 à 50 centimètres de diamètre sur 30 centimètres de profondeur, et remplies de bon fumier.
Au moment de la transplantation, il n'est pas possible d'abriter le plant sous des cloches : on n'en aurait pas d'assez grandes, à cause du développement des feuilles. On plante en terre deux baguettes liées par le sommet, et l'on étend au-dessus quelques vieux morceaux de paillassons disposés de manière à préserver les plants de l'action desséchante des rayons solaires. Lorsque ce plant est bien enraciné, au bout de quatre ou cinq jours, cet abri n'est plus nécessaire; il ne faut alors aux citrouilles que des arrosages très abondants.
On peut cultiver les citrouilles sans les soumettre à la trans-
plantation, opération qui les fait beaucoup souffrir; elles peuvent
être semées en place dans les premiers jours de mai. On forme
avec de bonne terre un monticule de 1m ,50 de diamètre sur 54
de hauteur; on réserve au milieu du sommet un vide pouvant
contenir une bonne brouettée de fumier. On le recouvre de 10 cen-
timètres de terreau, et on y place deux graines. Lorsqu'elles sont
levées et qu'elles ont développé deux ou trois feuilles, on sup-
prime le plant le moins beau et on pince l'autre. (Voir ce que
nous avons dit du pincement des melons.) Bientôt la plante dé-
veloppe vigoureusement, fleurit et noue ses fruits avec rapidité;
on arrête les tiges lorsque les fruits sont gros comme les deux
poings; si les tiges étaient arrêtées trop tôt, les fruits pourraient
être noyés par la sève et périr.
On peut aussi se borner à faire une fosse circulaire de 1m ,20 ou 1m ,30 de diamètre sur 15 ou 20 centimètres de profondeur et y amonceler du fumier à moitié consommé qu'on recouvre de 01 centimètres de terreau, dans lequel on sème deux graines.