volailles, on peut, dans certaines situations, ne pas tenir compte
de la dépense.
Un moyen d'élever, avec un certain avantage, des volailles en-
fermées est de les acheter au printemps, au moment de la pre-
mière ponte. On en fait couver quelques-unes, et, par le moyen
que j'indiquerai plus loin, on s'oppose à ce que les autres cou-
vent. Lorsque les poussins sont élevés et que la ponte est faite,
après quelques jours de repos et de bonne nourriture qui per-
mettent aux poules de se remettre et même d'engraisser, on les
vend, et il est possible que le produit de leur ponte, de leur
couvée et de leur vente paye les frais de nourriture.
Nourriture avec libre parcours. — Quand les poules ont un libre parcours et peuvent s'éparpiller dans les champs, les cours gar- nies de fumier, les chemins, les bois ou les terrains vagues qui environnent leur habitation, on peut se dispenser de leur donner à manger pendant une grande partie de la belle saison, ou, si on leur en donne, c'est en si petite quantité, que cela n'est pas très coûteux.
Il est incontestable que quiconque n'a pas à sa disposition des graines à bas prix pour l'alimentation des volailles court le risque de dépenser plus qu'elles ne rapportent. Mais dans une ferme il y a toujours une grande quantité de déchets de grains, de criblures; on transporte des gerbes, on manie des grains, on a beaucoup de fumiers, et enfin des terrains sans culture, comme des bois, des chemins, de grandes cours, où les poules vont chercher et trouvent une grande partie de leur nourriture, soit végétale, soit animale; dans ce cas, il y a avantage réel à élever un bon nombre de volailles, surtout si on a recours aux moyens économiques de nourrir que je vais indiquer.
Grains, graines, criblures, marc, herbes. — Toute espèce de grains convient aux poules; cependant elles mangent difficile-ment le seigle. Elles mangent volontiers le blé noir, le maïs, l'orge et le froment ; les chénevis les dispose à pondre et à couver ; l'abus du chénevis les échauffe et les rend malades. Elles aiment aussi la jarousse, les pois, les lentilles, les graines de tournesol, le marc de raisin, les pois chiches, la graine de moha de Hongrie, qui plaît surtout aux petits poulets, les fruits sains ou gâtés, et une foule de graines de plantes sauvages. En général, on les nourrit avec des criblures de grains et les déchets du battage, qu'on appelle dans certains pays épigeaux, dégrains, écréances. C'est le moyen le plus économique et à peu près le seul qui offre des