Soins à donner aux œufs. — Huit à dix jours après que l'incubation est commencée, on mire les œufs, afin de retirer tous ceux qui sont clairs. (Voir, pour la manière de s'y prendre, ce que j'ai dit pour les œufs de poule.)
Après avoir miré les œufs, on remplace ceux qui sont clairs par des œufs que l'on prend sous l'une des couveuses, et, si l'on a eu besoin de tous ceux qu'elle couvait, on la supprime ou bien on lui donne des œufs de poule.
On force les couveuses à quitter leur nid une fois par jour pour aller manger; sans ce soin, il y en a qui se laisseraient mourir de faim sur leurs œufs. Il n'est pas nécessaire de mettre les dindes sous une mue à l'heure de leur repas; elles ne s'éloignent pas de leur couvée.
L'incubation des œufs de dinde nécessite les mêmes soins que l'incubation des œufs de poule. Elle dure de vingt-huit à trente jours.
Éclosion. — L'éclosion est plus spontanée que celle des poussins.
Après l'éclosion, on complète le nombre des dindonneaux que peut conduire une mère, et l'on remet à couver les mères qui deviennent ainsi disponibles; mais la seconde couvée doit être d'œufs de poule, dont l'incubation est moins longue.
Pour faire adopter des dindonneaux à une dinde, il faut les choisir du même âge que les siens, à un ou deux jours près, et les glisser dans son nid le soir. Sans cette précaution, elle s'a-percevrait qu'on la trompe et les tuerait tous.
Couvées d'automne. — Quelques dindes recommencent parfois à pondre vers juillet et août; on peut leur faire couver ces œufs si l'on peut espérer que les dindonneaux qui écloront auront pris le rouge avant les froids. Ces dindons tardifs ont plus de valeur que les autres, parce qu'ils sont bons à être mangés en mars et avril, époque à laquelle les dindons sont rares et d'un prix élevé; mais ces secondes couvées réussissent assez difficile-ment malgré tous les soins.
Élevage des dindonneaux.
L'élevage des dindonneaux nécessite, à peu près, les mêmes soins que celui des poussins; seulement, comme les dindonneaux craignent plus encore le froid, il faut les entourer de soins plus attentifs. Dans notre climat ils sont parfois si engourdis, qu'ils se refusent à manger, et que, pour les sauver, on est obligé de leur