ingurgiter leur nourriture après les avoir réchauffés. Il ne faut

les faire sortir qu'avec beaucoup de circonspection; quelquefois

même on ne peut les mettre à terre que vers midi, sous un han-

gar bien exposé au soleil, et, si l'on n'a pas de lieu convenable,

il faut les placer dans une chambre chauffée et bien sèche, sur

les carreaux de laquelle on étend une petite couche de sciure de

bois, qu'on renouvelle de temps en temps. Si on les met dehors,

on tient la mère enfermée sous une mue placée à une bonne ex-

position; sans ce soin, elle emmènerait imprudemment ses petits

au loin, ils auraient froid et périraient. Il est très convenable de

placer du sable fin et bien sec ou de la cendre auprès de la mue,

afin que les dindonneaux puissent se poudrer, ce qu'ils aiment

beaucoup.

Lorsqu'ils commencent à prendre un peu de force et que le temps est beau, on leur donne un peu plus de liberté; on laisse la mère les promener; mais il faut être très attentif, et, si le temps se refroidit, si la pluie menace de tomber, il faut s'em- presser de les faire rentrer, car les dindonneaux mouillés périssent presque toujours.

Nourriture. — Pendant les trois premiers jours de leur naissance, ils mangent peu ou point; ils restent quelquefois quatre jours sans manger; cela ne dispense pas de leur présenter fréquemment de la nourriture.

On les alimente à peu près comme les poulets; on est cependant obligé de leur donner, dans les premiers jours, des œufs durs hachés très menu et mêlés de pain; lorsque la température est froide, on peut ajouter à cette pâtée un peu de chène-vis, parce que ce grain est tonique et excitant; mais ils sont tellement stupides qu'ils se décident difficilement à manger, et qu'on est parfois obligé de mettre avec eux des poulets dont l'exemple les décide.

Lorsque les dindonneaux commencent à bien manger, on sup-

prime les œufs; alors on commence à mêler au pain des oignons,

bulbe, feuilles et tige, très finement hachés, ainsi qu'un peu de

recoupe, le tout humecté avec du lait caillé; quelques jours plus

tard, on remplace le pain par du son et on compose alors la

pâtée d'oignons et d'orties hachés, de son et de recoupe, le tout

bien mélangé de lait caillé, de manière à en faire une pâtée

épaisse. L'oignon doit y entrer dans une assez forte proportion,

un quart ou un tiers par exemple, car c'est grâce à cette excel-

lente nourriture, que les dindons dévorent, que les pertes, qui