d'un couteau à lame large et bien tranchante, les coupe à mesure qu'elles dépassent le rouleau et les deux montants. La machine est fixée de biais sur une table au moyen de deux vis. Lorsqu'on élève une certaine quantité d'oies et de canards, elle est presque indispensable.

Comme l'ortie est de toutes les plantes celle qui paraît le mieux convenir aux jeunes oies, on pourrait en cultiver aux environs de la ferme, dans un lieu bien exposé au midi; cette plante a une végétation très active, et repousse aussitôt qu'elle est coupée. Je crois même que ce serait un des moyens à employer pour élever avec avantage des oisons; c'est une faute de vouloir pratiquer l'élevage des oiseaux de basse-cour sans rien cultiver pour eux. Le paysan qui les élève en petit nombre trouve de suffisantes ressources dans la végétation naturelle; mais, lorsqu'on veut les élever un peu en grand, cette ressource est insuffisante.

Dès qu'on a commencé à faire sortir les oisons avec leur mère, il faut tous les jours les envoyer à l'eau, mais éviter avec le plus grand soin qu'ils ne soient mouillés par la pluie. On choisit d'a-bord, pour les faire sortir, le milieu du jour, parce que le temps est plus chaud; quand le soleil devient trop ardent, il peut être nuisible aux oisons; on les fait sortir le matin et le soir. Chaque fois qu'ils rentrent, on leur donne à manger de l'herbe arrachée pour eux, et, dès qu'ils sont assez forts pour la déchiqueter, on se dispense de la couper. On peut alors supprimer le son.

On nourrit ainsi les oisons et les oies jusqu'au moment de les engraisser; mais le parcours leur est indispensable; il faut donc avoir une quantité d'oies assez considérable pour payer les frais du gardien.

Produits.

Plumes à lit. — On plume les vieilles oies trois fois par an, dès que les oisons n'ont plus besoin des plumes de leur mère pour se réchauffer. On opère en mai d'abord, ensuite en juillet, et enfin à la fin de septembre; si l'on tardait davantage, les plumes nouvelles n'auraient pas encore repoussé à l'époque des premiers froids de l'hiver, et les oies en souffriraient.

On ne plume pas les oisons avant qu'ils soient croisés, c'est-à-dire avant que les extrémités de leurs ailes se croisent sur le dos, ce qui a lieu ordinairement vers la fin de juin ou en juillet. On peut ensuite les plumer à la fin de septembre, si on ne les destine pas à l'engraissement à cette époque; car il faut qu'une