Une maîtresse de maison intelligente doit s'occuper de la conservation et de la multiplication de ce paisible animal, qui offre de grandes ressources à son ménage, et peut être vendu avec avantage sur les marchés.

Ce qui empêche une foule de gens de s'occuper de l'élevage du lapin, c'est la mortalité fréquente qui enlève quelquefois des portées entières et décourage les éleveurs; elle est presque toujours due au défaut de soins, à des habitations malsaines et malpropres, à une mauvaise nourriture. Ces causes sont celles qui nuisent à tout le bétail de la France.

Le pelage du lapin domestique présente les couleurs les plus variées; il y a des lapins gris, il y en a de roux, de noirs, de panachés; cela tient au croisement des races. Toutefois on a remarqué qu'il y a dans presque toutes les portées de lapins de couleur un ou deux lapins gris de la nuance du lapin sauvage : le type primitif ne se perd pas, et il est préférable de les conserver pour la reproduction.

Clapier.

Construction et aménagement du clapier. — On appelle clapier l'habitation du lapin. Si l'on veut que les lapins prospèrent très bien, il faut leur donner une cour pavée, entourée de murs qui les mettent à l'abri des attaques des renards, des fouines, des chiens et des chats, et dont les fondations, de 1 mètre de profondeur, s'opposent à ce qu'en fouillant ils puissent s'échapper au dehors. Cependant cette profondeur de fondation n'est nécessaire qu'autant que la cour n'est pas assez bien pavée pour rendre les fouilles impossibles. Cette petite cour est destinée aux lapins assez forts pour vivre en commun, en attendant qu'ils soient en état d'être livrés à la consommation.

D'un côté du mur exposé au levant ou au midi, on construit un apprentis sous lequel on établit les cabanes destinées à chaque femelle et aux mâles; cet apprentis sera assez grand pour que, outre les cabanes, on puisse y placer la nourriture des lapins qui restent dans la cour et qui doivent y trouver un abri.

On place sous la partie de l'appentis destinée à abriter les lapins qui habitent la cour un petit râtelier double et mobile, suspendu à une hauteur convenable, pour que les fourrages soient à portée des lapins. Ce râtelier est muni d'une petite mangeoire, dans laquelle on place les racines, le son et l'avoine.