Il faut laisser coucher les pintades à l'air libre, sur une roue ou dans un arbre. Pour les tuer, on va les surprendre la nuit; elles volent très bien; on devrait les dresser à venir recevoir leur nourriture dans une pièce qu'on puisse fermer : ce serait un moyen de les apprivoiser et de pouvoir les prendre facilement.

Les pintades ont un défaut qui les rend intolérables dans une basse-cour voisine de l'habitation : elles poussent des cris aigus, qu'elles redoublent aussitôt qu'elles entendent parler.

Les pintades sont sujettes aux mêmes maladies que les dindons et réclament les mêmes soins.

LE PAON.

Tout le monde connaît le magnifique plumage et les riches couleurs dont la nature s'est plu à parer le paon; aussi c'est comme ornement qu'on l'entretient dans une basse-cour; ce-pendant les paonneaux sont fort bons à manger. Les vieux paons ont la chair coriace comme tous les autres oiseaux de la basse-cour.

Paon. — Le paon a une certaine analogie avec la pintade, et on remarque même que c'est de tous les animaux de basse-cour celui qu'il affectionne le plus; comme la pintade, il se plaît à jucher dehors, sur les arbres, et même sur les toits. Il montre autant d'ardeur que le coq pour les femelles; on lui en donne ordinairement quatre ou cinq; quand il en a moins, il les fatigue au point de les rendre stériles.

Le paon n'a atteint son entier développement qu'à trois ans; son humeur est querelleuse; il vit mal avec ses compagnons de basse-cour, surtout avec les dindons. Il se plaît à les attaquer et à les ameuter contre lui; il s'accule alors dans un coin et leur tient longtemps tête; puis, quand il se voit sur le point de suc-comber sous le nombre, il s'envole et va se percher hors de leur portée.

L'humeur sauvage de ces oiseaux leur fait chercher leur nourriture au dehors, comme s'ils n'étaient pas à l'état de domesticié. Cependant ils reviennent à la basse-cour, et on parvient à les apprivoiser un peu; mais ils sont souvent si méchants qu'il est impossible de les garder. J'ai vu chez M. Leroy, célèbre pé-piniériste d'Angers, un paon qui était si bien apprivoisé qu'il venait sans cesse dans la maison et n'en quittait pas les environs; mais il était si méchant pour les enfants et les chiens,