empêcher d'aller à l'eau, au bord de laquelle elle les suit sans y entrer. Elle peut cependant être victime de son amour maternel, parce qu'elle se jette parfois à l'eau lorsqu'elle les croit en danger. Les canetons quittent promptement leur mère adoptive, parce qu'elle n'a pas leurs habitudes et qu'ils peuvent, quoique fort jeunes, se passer d'elle.
Canetons.
Élevage des canetons. — Tout ce que j'ai dit sur l'élevage, la couvée et les maladies des oies peut être appliqué aux canards. Seulement ils ont un besoin plus impérieux d'eau que les oies, surtout dans leur jeunesse. Il ne faut pas élever de canards si on ne peut leur donner de l'eau. A défaut d'étang ou de mare, on peut faire, dans la basse-cour, une espèce de petit abreuvoir pavé, qu'on alimente au moyen de l'eau du puits. On place le vase qui contient leur nourriture à côté de l'abreuvoir, et l'on couvre ce vase d'une grande mue qui d'un côté pose sur le sol et de l'autre côté s'avance au-dessus de l'eau. Cette disposition peut être aussi employée sur le bord d'une mare ou d'une rivière. Les petits canetons s'introduisent sous la mue du côté de l'eau, ce qui est impossible aux petits poulets. Mais les canards qui ont aussi peu d'eau à leur disposition croissent lentement, car il leur est nécessaire d'aller s'ébattre dans l'eau et d'y trouver une foule d'insectes.
Les canetons courent le jour même de leur naissance, et iraient à l'eau si l'on ne s'y opposait. Comme ils naissent souvent lorsque la saison est encore froide, l'eau leur ferait mal; il faut se borner, pendant trois ou quatre jours, à leur donner de l'eau dans un plat creux, surtout s'ils ont été couvés par une poule qui ne peut les guider à l'eau. La pluie leur est nuisible, comme à tous les jeunes oiseaux de basse-cour. S'ils sont mouillés, soit par la pluie, soit parce qu'en allant chercher la nourriture qu'on leur a préparée dans la mue ils traversent une mare d'eau et s'y culbutent les uns par-dessus les autres, leur duvet se colle, il devient comme visqueux et ils courent risque de succomber si l'on n'y porte remède. Pour les sauver, on les envoie à l'eau lors même qu'elle serait froide, on les laisse s'y débarbouiller, puis on les ramène devant une cheminée dans laquelle on fait un feu clair, et on leur donne là leur pitance. Pour les empêcher de se jeter dans le feu, qu'ils ne redoutent point, tant sa chaleur leur est agréable, on place devant eux un cadre léger en bois, garni d'un