filet à mailles carrées, qui leur sert de garde-feu, sans les empêcher de sentir la bienfaisante chaleur du feu; à son défaut on les met sous une mue. Ils se sèchent, se réchauffent et reviennent à la vie. Sans ce soin, ils meurent. Un caneton mouillé par la pluie dans les huit premiers jours de sa vie court risque de périr, mais il peut impunément s'ébattre dans une pièce d'eau.

Nourriture des canetons. — Ils sont excessivement voraces, et ils ont un besoin continuel de manger et de boire : ils mangent moins à la fois que les poules, mais ils digèrent avec une rapidité extraordinaire; il faut leur donner à manger six ou huit fois par jour. Le coupe-feuilles, dont j'ai parlé, n'est pas moins utile pour préparer leur nourriture, et les orties leur conviennent encore plus qu'aux oies. C'est avec l'ortie qu'on fait la minée. On appelle ainsi les orties coupées en lanières très fines, et mêlées avec du son ou de la recoupe mouillés autant que possible avec du lait caillé. Les canetons mangent bien la salade; mais si on la leur donne exclusivement, elle détermine la diarrhée; si les orties sont rares, on peut leur donner alternativement de la salade et des orties.

Il arrive souvent que les canetons mangent mal pendant les huit premiers jours de leur vie, et sont si faibles, qu'il en meurt beaucoup. Cela tient à ce qu'on les nourrit mal; en effet, on leur donne ordinairement du pain émietté sec ou mouillé : ils avalent difficilement le pain sec, et le pain mouillé les empâte; le son ou les recoupes mêlées de feuilles d'orties hachées ne sont pas pour eux une nourriture assez substantielle : ils meurent parce qu'ils ne mangent pas suffisamment. Une excellente nourriture à leur donner est du vermicelle. On le fait cuire dans l'eau et on le mêle, sans le briser, à leur pâtée composée de recoupe et d'orties hachées. Ils le mangent avec avidité. On sauve un caneton avec 10 centimes de vermicelle. On leur donne cette nourriture pendant cinq ou six jours, puis on la supprime pour donner seule la pâtée que j'ai indiquée. On continue cette alimentation jusqu'à ce qu'ils soient bien emplumés; on la cesse avant que leurs ailes soient croisées; alors ils se nourrissent comme les autres volailles de la basse-cour.

Le parcours ne leur est pas nécessaire, on peut se dispenser de les mener aux champs; mais ils ne peuvent être élevés dans une basse-cour fermée; tout ce que j'ai dit au sujet des poulets, sur ce point, peut être appliqué aux canards. Ils mangent beaucoup moins d'herbes que les oies, cependant ils pâturent; ils sont