puisse se procurer des grains à bas prix. S'ils coûtent plus de 2 à 3 francs le double décalitre, on sera en perte, car il faut bien se persuader qu'il serait inutile de réduire la nourriture lorsqu'elle est chère : les produits diminueraient dans la même proportion. Chaque paire de pigeons avec ses petits peut consommer à peu près par an quarante litres de grain, dont le prix est de 4 à 6 francs. Des pigeons nourris avec abondance couvent avec succès. Bien qu'ils puissent faire sept ou huit et même neuf couvées par an, il ne faut compter que sur six couvées en moyenne, car le chapitre des accidents est fécond. Or le prix des pigeons varie, selon la localité, de 2 à 3 francs la paire; au terme moyen de 2 francs 20 cent. par paire de pigeons on obtient :

Pour 6 paires.15 fr. »
Et pour la colombine.» 50
Total.15 fr. 50
A déduire pour nourriture, en moyenne.5 fr. »
— Pour frais généraux.» 50
Total.5 fr. 50
Bénéfice net pour les 6 couples de pigeonneaux.10 fr. »

Ce bénéfice serait très beau s'il n'était singulièrement réduit par une foule d'accidents, comme les maladies, les dégâts causés par les animaux nuisibles, et la nécessité de garder un certain nombre de jeunes pigeonneaux pour remplacer les vieux pigeons.

Le plus grand avantage de l'élevage des pigeons dans une maison de campagne, c'est de fournir un mets sain, agréable et toujours prêt. Dans une grande exploitation on emploie pour leur nourriture une foule de grains qui seraient presque sans valeur. Dans ces conditions, le bénéfice peut être assez considérable.

LE LAPIN.

Le lapin est un petit quadrupède domestique très précieux; il donne beaucoup de produits à très peu de frais et procure en toute saison un mets agréable et sain. En général, on n'apporte pas à l'élevage des lapins les soins que ces utiles et féconds animaux méritent : ils végètent, enfermés dans des lieux humides, obscurs, malsains; et leur fécondité est souvent inutile, car les petits périssent en grande partie avant d'être bons à manger.