développer ensuite tout aussi bien que les premiers-nés. On en-
lève les coquilles des œufs éclos de dessous la mère, parce qu'elles
pourraient blesser les poulets naissants.
Il ne faut visiter la couvée que vingt-quatre heures après la première éclosion, cela trouble la mère et expose à des accidents. Quelquefois cependant, dès que la mère a un certain nombre de petits bien éveillés, elle quitte son nid pour vaquer aux soins maternels, et abandonne les œufs qui ne sont pas éclos. Dans ce cas, on lui enlève les premiers-nés pour les réunir dans un pa- nier garni de plumes qu'on place dans un lieu bien chaud, et on la laisse dans l'obscurité jusqu'à ce qu'elle ait achevé sa couvée : on lui rend alors ses enfants. On peut encore enlever les œufs qui ne sont pas éclos et les mettre sous une autre couveuse qui n'a pas assez d'œufs, sans que cette augmentation momentanée nuise à l'incubation. Lorsque ces poulets sont nés, on les met le soir avec leurs frères sous la mère, qui les reprend avec affection.
Lorsque l'éclosion est complète, la première fois qu'on lève les poussins et leur mère, on change la paille qui a servi à l'incubation; cette paille est souvent infestée d'insectes; il faut la brûler et non la jeter avec négligence à terre dans le poulailler.
Pour lever une poule de dessus ses œufs, il faut la prendre par les ailes en les écartant, parce qu'il y a souvent des œufs ou des petits qui y sont cachés; si on la levait brusquement, on s'exposerait à des accidents.
Si une couveuse est farouche, il faut lui enveler les petits à mesure qu'ils éclosent et les mettre sous une autre poule : le mauvais caractère de la mère nuit aux petits, soit parce qu'elle les écarte de la personne chargée de leur donner à manger, soit parce que sa sauvagerie la détermine à les conduire dans des lieux où il peut leur arriver malheur. C'est ainsi, du reste, qu'ils contractent les habitudes sauvages dont j'ai signalé les dangers.
Soins à donner aux poussins et aux mères.
On laisse les poussins pendant vingt-quatre heures sous la mère sans s'occuper de leur nourriture; cependant, s'il y a inégalité dans l'éclosion, il faut prendre les premiers-nés qui commencent à montrer leur petite tête bien éveillée à travers les plumes de la poule, les en éloigner et leur donner des miettes de pain bien fines; on en jette sur le dos de leurs frères : ils les bec- quettent plus facilement que si on leur jette ces miettes à terre.