pour donner une bonne forme arrondie et rebondie. S'il fait chaud, on plonge la volaille dans de l'eau aussi froide que possible, et on l'y laisse une demi-heure; s'il fait froid, on se borne à mouiller les bandelettes; mais il faut éviter de la placer dans un endroit où elle pourrait geler.

Après le parfait refroidissement, on enlève les bandelettes, et

la volaille est prête pour le marché.

Avantages de ce mode d'engraissement. — Toutes les volailles peuvent, comme les poulardes, être engraisse des de la sorte avec avantage. Cet engraissement est moins coûteux et plus parfait qu'avec des grains dans les épinettes, mais il faut un peu plus de soin. Aucun autre mode ne permet d'atteindre la finesse de l'engraissement fait avec des pâtons composés de belle farine de sarrasin, mêlée, si on le veut, de farine de maïs.

Quantité de farine nécessaire pour un engraissement. — Avec la farine produite par dix litres de sarrasin, on peut amener une volaille à l'état de graisse parfait, si elle était en bon état de chair au moment de sa mise en cage, si les pâtons ont été faits avec du bon lait, et si l'engraissement a été conduit avec régularité et douceur.

J'insiste sur la nécessité de la douceur, car il est déplorable de brutaliser ou même de brusquer les volailles à l'engrais; outre qu'il faut éviter aux animaux des cruautés inutiles, on trouble et on retarde leur engraissement.

Engraissement mécanique.

Je ne dois pas omettre de signaler et de recommander à mes

lectrices une nouvelle méthode d'engraissement mécanique in-

ventée par M. Odile Martin, qui l'a mise en application sur une

très grande échelle au Jardin d'acclimatation à Paris.

Ce mode d'engraissement est applicable à toutes espèces de volailles, très facile et très prompt.

Appareil du Jardin d'acclimatation. — M. Odile Martin a commencé par établir en grand son système au Jardin d'acclimatation où on peut le voir fonctionner : cet appareil, très curieux, a la forme d'un grand tambour prismatique à cinq étages, qui tourne sur un pivot, et vient présenter successivement ses faces devant le gaveur. Le coffre dans lequel est placé ce dernier contient la nourriture et le mécanisme au moyen duquel cette nourriture est poussée dans un tuyau en caoutchouc terminé par une sorte de canule en cuivre qu'on introduit dans le gosier de l'animal.