naissance; seulement, si elles ont été précoces, leur ponte est précoce aussi au printemps suivant. Lorsqu'elles ne couvent pas ou qu'elles manquent leurs couvées, il leur arrive parfois de pondre quelques œufs en août. Leurs œufs sont bien meilleurs que ceux des oies, mais ne valent pas ceux des poules. On les estime pour la pâtisserie, quoique cependant les blancs ne mon- tent pas et ne puissent être battus comme ceux des poules, pour être convertis en neige.
Quelquefois les canes, au lieu de pondre dans les nids qu'on leur a préparés, pondent, ou dans les cachettes qu'elles ont choisies, ou n'importe dans quel lieu, même au milieu de la basse-cour, mais, comme elles pondent presque toujours le matin avant huit heures, il est facile et à peu près indispensable de les tenir enfermées jusqu'à ce qu'elles aient pondu; on peut les tâter et ne mettre en liberté que celles qui n'ont pas l'œuf.
Il arrive parfois que la cane est parvenue à se faire un nid au pied d'une haie ou d'un buisson, elle y couve ses œufs, et, au moment où l'on s'y attend le moins, elle amène sa couvée à la basse-cour, pour avoir à manger; ces couvées seraient les meilleures si elles n'étaient pas exposées à une foule d'accidents qui les font périr. Si l'on découvre le nid et qu'il soit possible de le mettre à l'abri sous une mue ou un petit abri construit à dessein, il faut le laisser où il est et donner, une fois par jour seulement, à manger et à boire à la cane.
Incubation. — Comme la chaleur est nécessaire aux canetons, il faut, autant que possible, retarder les couvées, et l'on doit s'arranger de manière à en faire plusieurs à la fois, parce que, lorsqu'il y a trop d'inégalité dans la taille des canetons, les gros tuent les petits.
Les canes couvent vingt-huit à trente jours et aiment à cacher leur couvée; elles sont en général méchantes alors, et on est souvent obligé de leur enlever leurs petits quand ils sont éclos, parce que cette méchanceté entrave les soins qu'on doit donner sans cesse aux canetons.
Incubation d'œufs de canes par des poules. — On peut faire couver des œufs de canards par des poules, c'est à tort qu'on dit que les canes couvées par des poules ne couvent jamais. Les pou- les ont une grande affection pour les canetons, mais ceux-ci n'obéissent pas aussi bien à une poule qu'à une cane, et souvent la pauvre couveuse pousse des cris inutiles, soit pour les appeler lorsqu'elle trouve quelque chose de bon à manger, soit pour les