même plus, car la voracité de ces animaux se manifeste aussitôt qu'ils naissent. On peut leur donner du son; mais c'est à tort qu'on croit cette substance très nourrissante, elle l'est peu; la recoupe vaut beaucoup mieux, et un peu de farine grossièrement moulue mêlée au son convient très bien aux oisons et les fait grossir à vue d'œil. Les pommes de terre cuites et écrasées leur plaisent aussi et peuvent remplacer la recoupe. Pour faire manger les oisons, on place la mère à terre avec eux, puis on leur distribue la nourriture; aussitôt qu'ils ont mangé, on les remet dans leur nid, pour recommencer une ou deux heures après. Si le temps est très doux, dès qu'ils ont cinq ou six jours, on peut les faire sortir au milieu du jour. Dès qu'on peut se procurer quelques herbes, et surtout des orties, on les coupe très menu et on les mêle au son ou à la recoupe mouillés.
Les servantes qui élèvent les oies coupent les orties en réu-
Grav. 83.— Coupe-feuilles.
nissant les tiges la queue en haut, de telle sorte que les feuilles
sont placées à l'envers, ce qui les empêche de piquer; elles ser-
rent fortement la poignée qu'elles ont réunie, puis coupent, ou,
pour ainsi dire, râpent avec un couteau cette réunion d'orties
bien serrées : ce travail est difficile, long et même dangereux;
mais il est sans danger et peut être accompli trois fois plus vite
lorsqu'on emploie l'instrument qui sert à couper les feuilles de
mûrier qu'on distribue aux vers à soie, dans leur premier âge.
Cette machine (grav. 83), appelée coupe-feuilles, très facile à faire et peu coûteuse, est fort simple et peut servir aussi à préparer la nourriture des canards, qui consomment beaucoup d'herbes hachées.
On place une poignée d'orties dans la machine et on l'introduit sous le rouleau mobile au moyen de petits tourillons qui vont et viennent dans les rainures pratiquées dans les côtés. On pousse les orties avec la main gauche, tandis que la main droite armée