bout de deux ou trois jours elle se décide, et on lui donne les

œufs qu'on veut lui faire couver.

Il y a des dindes qui commencent à couver avant d'avoir achevé leur ponte. On s'en assure en comptant les œufs à l'heure où les couveuses s'éloignent de leur nid pour aller manger. On marque avec de l'encre tous les œufs de la couvée en les entourant d'une raie circulaire, afin de pouvoir toujours vérifier la marque sans toucher aux œufs, alors même que la couveuse les a retournés, ce qu'elle fait tous les jours. Puis, si le nombre des œufs augmente, on enlève ceux qui ne sont pas marqués, car quelques jours de retard dans l'incubation causent le même retard dans l'éclosion : dès qu'une dinde a ses petits, elle ne veut plus garder le nid; les œufs seraient donc perdus, tandis qu'ils peuvent être utilisés d'une manière quelconque, ou même être joints à d'autres œufs qu'on met à couver.

Nids. — On prépare les nids des dindes de la même manière que les nids des poules, c'est-à-dire de façon que les œufs ne puissent pas se superposer; il ne faut pas placer les nids immédiatement sur le sol, de peur de l'humidité, et c'est pour l'éviter que l'on met des brins de menu bois ou de bruyères sous la couche de paille préparée pour recevoir les œufs.

On peut faire des nids au moyen d'un rouleau de paille attaché avec de l'osier ou de la ficelle, et formant un rond dans lequel on dépose le menu bois, puis la paille, puis les œufs. La dinde aime à pondre à terre; certains éleveurs ne lui préparent pas de nid et se contentent de lui faire une litière de paille fraîche.

Lorsqu'on met à couver deux dindes l'une près de l'autre, elles se volent quelquefois leurs œufs, d'où il résulte que l'une en a trop, quand l'autre n'en a pas assez; il faut séparer les nids de façon que ces vols ne soient pas possibles.

Il ne faut jamais laisser le mâle pénétrer dans le lieu où les

dindes couvent; il troublerait les couvées et battrait les mères.

Choix des couveuses. — Quand on a plus de couveuses qu'on n'en veut, on choisit les plus calmes, celles qui paraissent les plus attentives; on détourne les autres de l'envie de couver en les attachant par la patte à un petit piquet dans l'endroit le plus bruyant de la cour, et en les privant presque de nourriture, mais non de boisson, pendant deux jours. Le premier aliment qu'on leur donne ensuite doit être du son mouillé mêlé de salade hachée. Ordinairement les pauvres bêtes oublient leur couvée et on peut les engraisser.