leur donner à manger à la basse-cour, surtout après la moisson, époque à laquelle ils trouvent beaucoup de grains dans les chau-mes, et en automne, où ils mangent les glands, les faînes et les châtaignes sauvages dans les bois. Ils sont très friands de raisin. L'herbe et les insectes qu'ils trouvent au pâturage suffisent à leur existence et à leur croissance; mais, lorsqu'il gèle, et surtout lorsqu'il neige, il faut en outre leur donner à manger à la basse-cour, soit les fruits que je viens d'indiquer, soit des criblures et des grains, s t des pommes de terre cuites et écrasées, ou des betteraves cr es et coupées comme je l'ai indiqué pour les pou-les, même d la viande des animaux morts de maladies qui ne sont pas contagieuses. Les dindons mangent à peu près de tout.

Juchoirs. — Il faut s'occuper aussi de leur préparer des ju-

choirs à l'air libre, pour qu'ils s'habituent aux intempéries lors-

qu'elles ne sont pas encore trop redoutables. En plein air, les

dindons se portent beaucoup mieux que lorsqu'ils sont renfer-

més; ils deviennent rustiques et robustes.

Il y a plusieurs manières de disposer ces juzoirs. Certains cultivateurs se bornent à placer, dans le lieu où ils veulent faire coucher les dindons, des arbres morts sur les branches desquels ils vont se percher; d'autres cultivateurs plantent une espèce de mât traversé, depuis la hauteur de 1m,50, de bons brins de bois, ronds, d'un diamètre de 5 à 6 centimètres, et placés de manière qu'ils ne se trouvent pas les uns au-dessus des autres, ce qui fait que les dindons sautent de l'un à l'autre et se perchent à leur gré. Mais ces deux procédés ont un inconvénient, c'est que la plupart des dindons veulent se placer sur le plus haut bâton, de là des querelles et des chutes. Voici ce qui me paraît plus convenable à tous égards.

On se procure de vieilles roues, surtout des roues de voiture dont le fer a été enlevé, et on les pose sur une pièce de bois dont on amincit le bout de manière qu'il entre dans le moyeu comme y entrait l'essieu. On plante ces pivots, qui peuvent avoir 2 mètres de hauteur, ordinairement dans le fumier, ce qui est très convenable à cause de la chaleur qui s'en dégage, ou dans un endroit quelconque; le plus abrité du froid est le meilleur. Les dindons vont se jucher sur les jantes et même sur les raies : vingt dindons peuvent se placer sur une seule roue. Ils sont tous au même niveau, partant pas de jalousie, pas de batailles. Qui se serait douté que la question d'égalité pût préoccuper à ce point les dindons?...