parées et perdraient de leur prix; dans ce cas, il faut redoubler

de soins pour qu'elles aient une litière très propre.

On peut, pendant les huit premiers jours de l'engraissement, leur donner seulement à manger de l'avoine, et leur faire boire trois fois par jour de l'eau blanchie avec une farine quelconque. On leur donne cette nourriture dans de petites augettes en bois, longues, étroites et peu creuses, le long desquelles elles peuvent se ranger à côté les unes des autres sans confusion; la construction de ces augettes est peu coûteuse, et très préférable aux petits vases ronds dans lesquels on donne ordinairement aux oies leur nourriture et autour desquels elles se culbutent et se battent quelquefois pour en approcher avant leurs camarades, ce qui nuit beaucoup à leur engraissement. Leur repas fini, on enlève les augettes pour qu'elles dorment et digèrent sans préoccupation.

L'engraissement peut être fait entièrement ainsi, et vingt litres d'avoine par tête suffisent; mais il est long, et, quoiqu'il paraisse moins coûteux, il l'est au moins autant qu'un engraisse- ment fait avec des substances plus nutritives; d'ailleurs les oies nourries avec l'avoine seule, et à la dose de vingt litres, ne sont pas arrivées à cet état complet de graisse qui les rend informes, on peut dire, et incapables de se tenir debout. Après six ou sept jours de nourriture à l'avoine, on y ajoute des pommes de terre bouillies qu'on pétrit avec le grain et du lait caillé; cinq ou six jours après on y mêle un peu de farine d'orge, de blé noir ou de maïs, des pois cuits ou concassés, des raves bouillies, etc., et on peut leur donner à boire du lait caillé mélangé de recoupes. En vingt ou vingt-cinq jours de ce traitement, à partir du jour où elles ont été séquestrées, les oies sont parfaitement grasses, et cet engraissement est peu coûteux. Si l'on veut rendre l'engrais- sement plus parfait encore, après le repas, la fille de basse-cour prend l'oie entre ses jambes et lui fait avaler, deux fois par jour, sept ou huit pâtons faits avec de la farine et des pommes de terre, en procédant comme je l'ai indiqué pour les dindes. Cette opéra- tion est difficile à cause des morsures que peut faire l'oie, car son bec est fort dur et muni de dents qui ont du rapport avec celles d'une lime très grosse.

Lorsque les oies sont arrivées à un état parfait de graisse, il faut les tuer tout de suite, car elles maigriraient.

Méthode d'engraissement pratiqué à Toulouse. — C'est ordinai-

rement vers l'âge de six mois qu'on commence à engraisser les

oies; l'engraissement dure un mois dans le Tarn, un mois et demi