On opère toujours le matin les animaux à jeun. On se munit d'un bistouri ou de ciseaux bien tranchants, et d'une grosse aiguille enfilée de fil ciré. Il faut avoir un bon bistouri, parce que plus la blessure est nette, plus-elle a de chance de guérison. Un aide place sur les genoux de l'opérateur l'animal couché sur le dos, la tête en bas, et le tient solidement, le croupion tourné en avant, la cuisse droite fixée le long du corps, et la gauche portée en arrière, afin de découvrir le flanc gauche, sur lequel l'incision sera faite. Après avoir arraché les plumes au bout du sternum ou bréchet, on prend la peau en la soulevant avec la pointe de l'aiguille et on fait une incision transversale d'environ 3 à 4 centimètres de long. Dès que la peau est incisée, on découvre un muscle, on le soulève à l'aide de l'aiguille ou d'un petit crochet en fer appelé érigne, on le sépare des intestins, on le coupe avec les ciseaux ou le bistouri; on voit alors le péritoine, membrane lâche, mince, transparente; on y fait une incision assez large pour permettre d'introduire le doigt dans le ventre. Si une portion de l'intestin tend à s'échapper, l'opérateur la repousse avec précaution dans le ventre, puis, introduisant l'index de la main droite, bien graissé, il le dirige sous les intestins, vers la région des reins, un peu sur le côté droit et au-dessus du croupion. Il est assez difficile d'arriver jusque-là, surtout si le coq est de grosse espèce. Là le doigt rencontre un corps gros comme un haricot assez fort, qui est lisse et mobile, quoique adhérent; on l'arrache et on l'attire vers l'ouverture, par laquelle on le fait sortir, ce qui nécessite de l'adresse et de l'habitude; ce corps échappe parfois avant d'être extrait, et il est très difficile de le retrouver; s'il a été bien détaché, il peut rester dans le corps de l'animal sans grave inconvénient; mais il vaut mieux le retirer. On procède de la même manière pour le second organe, qui se trouve à côté de l'autre, du côté gauche; on rapproche les lèvres de la plaie et on les maintient en contact par quelques points de suture pratiqués avec l'ai-guille et le fil ciré.
Pour placer ces points de suture, il faut avoir soin, chaque fois qu'on enfonce l'aiguille, de soulever la peau, afin d'éviter de blesser les intestins ou de les coudre dans la suture, ce qui déterminerait des accidents mortels. Aussitôt que l'opération est faite, on leur coupe la crête avec les ciseaux.
Les soins à donner après l'opération sont fort simples : on re-place les jeunes bêtes sous une mue dans un lieu paisible, et on les laisse deux ou trois heures sans autre nourriture qu'un peu