de mie de pain, ou de grain; il vaut mieux ne pas les lâcher dans

la basse-cour, parce que, dans l'état de souffrance où ils se trou-

vent, ils peuvent avoir à se défendre et à se livrer à des efforts

nuisibles à leur guérison. La petite cour du poulailler des cou-

veuses peut aussi alors servir d'asile aux chapons, ce qui leur

permet de rester tranquilles.

Les jeunes chapons doivent coucher à terre sur de la paille fraîche; en faisant effort pour jucher, ils retarderaient la cica-trisation de la plaie. On les surveille ainsi pendant trois ou quatre jours, pendant lesquels on les nourrit un peu à part avec plus d'abondance; puis ils rentrent dans leur vie habituelle.

Il est nécessaire de ne pas tenir les chapons trop longtemps écartés de la basse-cour, parce que les coqs ne voudraient plus les reconnaître; ils auraient alors à soutenir des combats d'installation, ce qu'il faut surtout éviter. C'est pour prévenir ces accidents que quelques fermières ont le tort de lâcher les chapons dans la cour deux ou trois heures après l'opération, sans autre soin particulier que de leur avoir donné à manger et à boire sous la mue.

Si l'on voit un chapon languissant le lendemain ou les jours qui suivent l'opération, il faut le prendre et visiter la plaie. Si elle est enflammée, on lave avec de l'eau tiède et une petite éponge ou un morceau de linge doux, puis on la frotte une ou deux fois par jour avec un peu de pommade camphrée. Mais si l'intestin a été fortement offensé, il n'y pas de remède, l'animal périt. Souvent on met de l'huile et de la cendre sur la suture: je présume que c'est pour en éloigner les mouches; je ne conseille pas cette pratique, dans la crainte que l'huile et la cendre n'empêchent la réunion des lèvres de la plaie. Quand l'opération est bien faite, elle réussit presque toujours.

Il arrive parfois que quelques sujets, ou plus difficiles à opérer, ou chez lesquels l'opération est moins bien faite, meurent presque aussitôt : il faut les saigner tout de suite; ils sont très bons à manger. Les filles de basse-cour disent que, lorsqu'un chapon ne mange pas sous la mue, il est perdu.

On a l'habitude de couper la crête des coqs dès qu'ils ont subi l'opération; c'est une cruauté qui pourrait paraître inutile, mais qui cependant pourrait servir de dérivatif à la plaie; de plus, un chapon qui aurait sa crête ne serait jamais reçu comme chapon au marché, ce qui lui ôterait de sa valeur marchande.

Les crêtes et les rognons des chapons sont très recherchés sur