de l'épinette une toile épaisse, car il faut que les animaux digèrent
dans l'obscurité, dans un repos absolu et dans le silence.
L'engraissement au grain se fait avec des grains de toutes sortes, moins le seigle, que les volailles ne mangent qu'avec répugnance. Elles dévorent avec avidité le maïs, qui est peut-être la nourriture la plus convenable à un engraissement sans farine. Les déchets de battage ne conviennent pas, parce qu'ils contiennent une foule de mauvaises graines et des balles que les volailles ne mangent pas et dans lesquelles il leur est difficile de trier le bon grain.
Dans la seconde manière d'engraisser, on commence par donner du grain pendant trois ou quatre jours, puis on arrive à la pâtée peu à peu, en la mélangeant d'abord avec la graine, pour la donner pure ensuite.
La pâtée est faite avec de la farine de tout grain, sauf de seigle; il faut se garder d'employer du son ou même des recoupes, qui ne nourrissent que par le peu de farine qu'ils contiennent. J'engage même à faire bluter la farine que l'on emploie. Les farines que l'on doit employer de préférence sont celles de sarrasin, de maïs, d'orge et d'avoine, qui coûtent en général bon marché; celle de froment conviendrait également, mais elle est plus chère. La pâtée est faite avec de l'eau, du lait caillé et mieux du lait doux; elle doit être assez épaisse; on peut y mélanger des pommes de terre cuites écrasées et un peu de tourteau de noix, et même de chènevis, s'il est frais. Il faut donner à boire de l'eau ou du lait dans un petit pot placé dans la mangeoire, laquelle est enlevée lorsque le repas est fini; elle sera toujours tenue avec une grande propreté et l'on ne doit pas y laisser séjourner la pâtée, qui viendrait à pourrir, ce qui nuirait beaucoup à l'engraisse-ment.
Moyens de stimuler l'appétit. — Si la bête à l'engrais ne mange pas très bien, il faut lui donner un repas de grain au milieu du jour et mêler du grain à la pâtée, ce qui est préférable, car les volailles mangent souvent mal la pâtée sans grain.
Les poules comme les porcs mangent la pâtée avec plus d'appétit lorsqu'elle est aigrie par un levain. On mêle à la première préparation un peu de levain de pain; il suffit de conserver un peu de la dernière pâtée pour mêler à la suivante, et d'attendre, avant de la distribuer aux volailles, qu'elle soit en fermentation. Mais il faut bien se garder de confondre cette fermentation avec la décomposition qui s'établit dans un aliment quelconque lors-