doivent pas être engraisés en captivité, la liberté leur est nécessaire; on peut leur distribuer des grains ou des déchets de grains de toute espèce, des pommes de terre cuites et des betteraves coupées en petits morceaux, des glands, des faînes, de petites châtaignes; quinze jours après, on commence à leur donner, au repas du soir, une pâtée de pommes de terre cuites et écrasées, et mélangées d'une farine quelconque. On peut délayer cette pâtée avec du lait caillé, mais il ne faut en préparer que la quantité nécessaire à chaque repas, afin d'éviter qu'elle aigrisse.
Huit ou dix jours après ce nouveau changement dans l'alimentation, on supprime le repas de grain du matin, à la rentrée des champs, et on le remplace par de la pâtée; enfin, dans les derniers huit jours, lorsque le dindon a mangé de la pâtée, on lui fait avaler d'abord une ou deux boulettes de supplément par repas, et on ajoute une boulette de plus à chaque repas, ce qui fait qu'à la fin des huit jours le dindonneau mange, outre ce qu'il lui plaît de prendre seul, dix-huit ou vingt boulettes qu'on prépare comme il suit.
On délaye de la farine non tamisée avec du lait caillé; cette farine peut être d'orge, de blé noir ou de maïs. On ajoute une certaine quantité de pommes de terre cuites et écrasées. On forme avec cette pâte, après l'avoir bien pétrie avec la main, des pâtons ou boulettes longues d'environ 6 centimètres et grosses comme une chandelle. On les fait avaler au dindon en ayant soin de les mouiller; car, si l'on ne prenait pas cette précaution, elles ne couleraient pas dans le gosier.
Pour empâter vite plusieurs dindons, il faut deux personnes : l'une d'elles prend l'animal entre ses jambes, l'y maintient de telle façon qu'il ne puisse bouger, et lui ouvre le bec avec précaution; l'autre personne prend le pâton, le trempe dans l'eau et l'introduit dans le bec en l'enfonçant jusque dans le gosier, en ayant soin toutefois de ne pas soulever la langue de l'animal et de ne pas le blesser avec les ongles. Il faut faire descendre les pâtons jusque dans l'estomac en pressant doucement, avec l'index et le pouce, le long du cou; il ne faut laisser aucune partie du dernier pâton dans la gorge ni dans le cou de l'animal; on s'en assure en pressant doucement toute la longueur du cou. A mesure qu'on a empâté un dindon, on le met dans le petit parc, afin de ne pas se méprendre et de ne pas empâter deux fois le même.
Quelquefois on fait avaler aux dindons à l'engrais, outre la nourriture ordinaire, des noix avec leurs coques. On commence