petite famille, selon le temps, sans l'effaroucher ni la déranger.

Lorsque les faisandeaux commencent à grossir, on peut construire en planches un enclos de 3 à 4 mètres de côté; au milieu de l'enclos on plante un piquet plus élevé, on couvre le tout d'un filet fait avec de la grosse ficelle et on élève dans un coin un petit toit pour servir d'abri à la couvée. Cet enclos peut être établi à peu de frais dans un lieu sec, en pente et sablé; on y jette des grains à l'avance pour qu'ils y germent, parce que les petits faisandeaux mangent les jeunes tiges. Enfermés ainsi avec une petite poule, leur mère adoptive, ils prospèrent s'ils reçoivent une nourriture convenable. Lorsque le sol de la cour des faisans est mouillé, il faut le couvrir de paillassons et exposer les faisans au soleil chaque fois que cela est possible.

En général, on n'élève que quatre ou cinq faisans par couvée de quinze œufs. On peut en élever un plus grand nombre si l'on a une grande habitude de leur élevage. Si l'on ne veut pas faire les frais d'une petite cour couverte en filets, dans laquelle on conserve les jeunes faisans tant qu'ils ne sont pas bons à être mangés, on peut les laisser dans la basse-cour, et ils sont même mieux portants et meilleurs à manger; mais alors il faut leur casser le fouet de l'aile avant qu'ils puissent voler; ils supportent assez bien cette opération. S'ils s'envolaient ils gagneraient promptement les bois, ne reviendraient plus à la basse-cour, et il ne serait plus possible de les prendre qu'à coups de fusil, à moins qu'ils ne soient en troupe très nombreuse et en quelque sorte apprivoisés, comme on le voit dans les belles faisanderies où on les élève pour la chasse. Dans ce cas, on les lâche dans les bois aussitôt qu'ils peuvent voler, mais ils reviennent à l'endroit où ils sont nés au coup de sifflet du faisandier pour recevoir leur nourriture de tous les jours. L'apparition d'un étranger les fait tous envoler.

On est parvenu à élever des faisans dans la basse-cour; mais leur enfance est extrêmement délicate, et, de plus, ils ont à supporter une crise souvent funeste, au moment de la mue de la queue, vers l'âge de trois mois.

Le prix élevé des faisans à Paris et dans les grandes villes peut largement payer les dépenses de leur nourriture. Quant aux soins continuels dont ils ont besoin, ils ne peuvent être payés que si l'on en élève un assez grand nombre pour qu'il soit nécessaire d'y consacrer une personne spéciale. Mais ces soins peuvent être donnés, comme amusement, par une maîtresse de maison; tant