les mâles pour la possession des femelles; mais, une fois les
couples formés, ils sont constants. Pour éviter ces combats, il ne
faut laisser qu'un nombre égal de mâles et de femelles, et se
défaire immédiatement du reste. Les femelles sont toujours plus
petites que les mâles; elles ont le cou plus fin et plus élégant et
le tubercule du bec moins gros.
Il faut casser et tordre le fouet de l'aile des jeunes cygnes, parce que, sans cette précaution, lorsqu'ils seraient en état de voler, s'il passait des cygnes ou des oies sauvages, ils iraient les rejoindre pour ne, plus revenir.
Nourriture des cygnes. — On nourrit les cygnes avec toutes espèces de grains, du pain, des herbes hachées grossièrement, des tripailles, des déchets de viande. L'avoine est le grain qu'ils préfèrent. Ils paissent l'herbe qui croît sur les bords des eaux qu'ils habitent, et se nourrissent aussi de poissons, de grenouilles et d'insectes aquatiques. Pendant l'hiver, on doit donner aux cygnes une plus grande abondance de nourriture que pendant l'été, parce qu'ils sont alors privés des ressources que leur offrent la végétation et les insectes.
Duvets et plumes. — Le meilleur produit de ces oiseaux, c'est leur plume et leur duvet. On les plume vers la fin de mai et au commencement de septembre; il ne faut plumer les couveuses qu'après la couvée, et les mâles qu'après l'accouplement. Le duvet du cygne est recherché presque autant que l'édredon.
Chair. — La chair des jeunes cygnes est tendre et de bon goût, celle des vieux cygnes est dure et coriace. Le cygne vit très longtemps.
Avantages et inconvénients des cygnes. — Nous convenons sans peine qu'il est plus avantageux d'élever des oies que des cygnes : les oies sont plus fécondes, se développent plus vite et coûtent moins à nourrir; de plus, on n'est pas obligé, comme pour les cygnes, d'entretenir un nombre égal de mâles et de femelles, et enfin de leur consacrer une grande pièce d'eau; mais malgré ces inconvénients, je pense qu'on pourrait élever des cygnes avec un certain avantage, si l'on était placé dans une localité très convenable à leur élevage, et dans des conditions favorables qui permissent d'envoyer les jeunes cygnes aux marchands de comestibles de Paris ou d'une très grande ville, ou de les vendre comme bêtes d'ornement, car ces oiseaux sont le plus bel ornement d'une pièce d'eau et ont plus de valeur qu'aucune autre volaille parce qu'ils sont plus rares.