colore et limpide, il doit avoir 33 degrés et être exempt de toute espèce d'odeur étrangère. Pour s'en assurer, on en verse quelques gouttes dans un verre d'eau et on déguste ce mélange. Si l'esprit-de-vin porte une odeur ou un goût étranger, on s'en aperçoit facilement dans cette épreuve.
Lorsqu'une ménagère prend la peine de faire ses liqueurs elle-même, et qu'elle en fait une assez ample provision pour ne les faire boire que plusieurs années après leur confection, elles lui coûtent très peu d'argent et sont très bonnes. La plupart des liqueurs ne sont pas agréables, quelque bien faites qu'elles soient, lorsqu'elles sont nouvelles, et là qualité que leur donne le temps ne peut être remplacée par rien. Il convient donc de faire d'abord une provision pour plusieurs années, après cela il suffira d'en faire chaque année pour la consommation présumée d'un an. En étiquetant et datant avec soin toutes ses bouteilles, on saura toujours quelle est la plus ancienne, et on la fera consommer la première.
Les liqueurs par infusion sont, en général, préférables à celles par distillation : elles sont moins blanches, mais ce léger défaut est indifférent dans un ménage.
A. — Liqueur de noyaux de pêches,
Cassez 50 noyaux de pêches, mettez les amandes et les coquilles avec 4 litres de bonne eau-de-vie dans un bocal dont l'ouverture ne soit pas trop large, afin qu'elle puisse être mieux fermée, bouchez et couvrez avec du parchemin mouillé, comme je l'indique à l'article Fruits à l'eau-de-vie. Laissez infuser deux mois en exposant le bocal au soleil; faites fondre 1,800 grammes de sucre avec deux verres d'eau, moins de sucre si vous voulez une liqueur plus forte. Passez l'eau-de-vie dans un tamis fin pour en séparer les noyaux, mêlez parfaitement avec le sirop. Mettez en bouteille, mieux en cruche; bouchez avec soin. Un ou deux mois après on peut commencer à boire cette liqueur, qui se bonifie beaucoup en vieillissant. Elle a un excellent goût de vanille,