Les fagots doivent être, comme le gros bois, mis à l'abri, et si leur volume ne le permettait pas, il faudrait en faire uno mouche, c'est-à-dire un tas placé sur une petite élévation pour éviter l'humidité; on donne à celle-ci une forme conique pour que l'eau n'y séjourne pas.
Pour chauffer le four, dans beaucoup de localités, on se sert de bruyère et d'ajonc : ce mode de chauffage est fort économique et très commode. Si on n'a pas cette ressource, on consacre au four les plus mauvais fagots ; ceux de pin la chauffent parfaitement.
Je ne dois pas omettre de parler des pommes de sapin ou de pin qui font un feu clair et le plus agréable qu'on puisse se figurer; ces cônes prennent feu avec une telle facilité, qu'il suffit de les présenter à une flamme de bougie pour les allumer. Si notre ménagère est dans un pays où la culture des pins soit répandue, je l'engage beaucoup à faire ramasser les pommes. Dans cinq minutes on a un feu magnifique, et même assez durable; à la campagne on a souvent l'occasion de faire de ces feux improvisés.
Lo bois résultant de la taille de la vigne, qu'on nomme sarments dans certains pays, dans d'autres javelles, est aussi excellent pour obtenir promptement un feu clair, mais il n'est pas aussi agréable que celui des pommes de pin.
II. — Savon.
Le savon, lorsqu'il est sec et dur, est infiniment plus profitable que lorsqu'il est frais et mou, parce que, dans ce dernier cas, il se dissout beaucoup trop promptement dans l'eau. Il faut donc en faire une certaine provision; il vaudrait même mieux l'acheter en gros, une caisse par exemple, tant il y a d'avantage à l'employer plutôt dur que mou. Il se conserve plusieurs années sans s'altérer; on peut, sans danger, s'en approvisionner à l'avance; on l'aurait d'ailleurs à bien meilleur compte. Aussitôt que le savon est acheté, il faut at-
(1) L'usage des cônes résineux s'est répandu à Paris depuis quelque temps, et y est devenu considérable.